Commission de syndic cachée : ce que vendeurs et acheteurs en copropriété doivent vérifier
Un jugement qui remet en lumière les honoraires de syndic
Une décision de justice rendue en août 2026 a sanctionné un syndic de copropriété qui avait modifié les modalités de sa rémunération un mois avant une assemblée générale, sans en informer les copropriétaires. Le syndic espérait percevoir une commission supplémentaire de 15 %, restée jusque-là dissimulée dans le contrat. La justice a tranché en faveur des copropriétaires, au nom d'un principe simple mais souvent mal connu : l'obligation d'information qui pèse sur tout syndic vis-à-vis du conseil syndical et des copropriétaires.
Cette affaire rappelle un point de vigilance essentiel pour qui achète ou vend un lot en copropriété : les honoraires de syndic, souvent perçus comme une ligne administrative parmi d'autres, peuvent peser lourd sur le budget d'un immeuble et sur la sérénité d'une transaction.
Ce que le contrat de syndic doit obligatoirement préciser
Depuis la loi ALUR et son décret d'application de 2015, le contrat de syndic type encadre strictement la rémunération du professionnel. Il doit distinguer :
- un forfait annuel couvrant la gestion courante de l'immeuble (comptabilité, convocation aux assemblées, tenue du carnet d'entretien) ;
- les prestations particulières, facturées en supplément et listées de façon limitative (mise en demeure d'un copropriétaire, gestion d'un sinistre important, organisation d'une assemblée générale supplémentaire) ;
- les conditions de révision de ces montants, qui doivent être votées en assemblée générale et non modifiées unilatéralement en cours de mandat.
Toute modification substantielle des honoraires sans passage en assemblée générale expose le syndic à une contestation, voire à une annulation des sommes perçues, comme l'illustre l'affaire jugée en août 2026.
Pourquoi ce sujet concerne aussi les vendeurs et les acheteurs
Un copropriétaire qui vend son bien doit fournir à l'acquéreur un état daté, document établi par le syndic qui récapitule les sommes dues et à recevoir au titre des charges. Ce document est facturé au vendeur, dans la limite d'un plafond fixé par décret. Un syndic qui pratique des honoraires flous ou mal justifiés peut retarder la remise de ce document ou en gonfler le coût, ce qui ralentit la signature de l'acte définitif.
Pour l'acheteur, la vigilance porte sur un autre risque : hériter d'une copropriété dont les charges vont augmenter du fait d'honoraires de syndic mal maîtrisés, sans que cela apparaisse clairement dans les documents remis avant la signature du compromis.
Les documents à demander avant de signer
- le contrat de syndic en cours, avec le détail du forfait et des prestations particulières ;
- les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, pour vérifier si des modifications d'honoraires y ont été votées ;
- le carnet d'entretien de l'immeuble et le budget prévisionnel voté ;
- le cas échéant, le pré-état daté, qui donne une première estimation des charges avant la vente.
Ce que le vendeur a intérêt à anticiper
Un vendeur qui prépare la mise en vente d'un lot en copropriété gagne à demander son état daté suffisamment en amont, et à vérifier que les honoraires facturés par le syndic correspondent bien à ce qui a été voté en assemblée générale. Un dossier de vente complet et transparent, incluant les derniers procès-verbaux d'assemblée générale et le contrat de syndic à jour, rassure l'acheteur et limite le risque de découverte tardive d'une clause contestée.
Que faire en cas de doute sur les honoraires facturés
Face à un contrat de syndic imprécis ou à une facturation qui semble excéder les prestations votées, plusieurs réflexes permettent de sécuriser la situation avant de signer une vente ou une promesse d'achat :
- comparer le montant facturé aux lignes prévues dans le contrat de syndic annexé au règlement de copropriété ;
- demander au conseil syndical, lorsqu'il existe, si une modification des honoraires a bien été soumise au vote ;
- solliciter un avis juridique en cas de doute persistant, notamment lorsque le montant en jeu est significatif au regard du budget de l'immeuble ;
- conserver une copie datée de tous les échanges avec le syndic, utile en cas de contestation ultérieure.
Ces vérifications valent aussi bien en Bretagne, où de nombreuses copropriétés anciennes du littoral changent régulièrement de syndic, qu'en petite couronne parisienne, où la densité des immeubles collectifs rend ce type de contrôle particulièrement fréquent.
Une vigilance qui s'inscrit dans un mouvement plus large de transparence
Ce jugement d'août 2026 s'ajoute à un mouvement plus général de renforcement de la transparence en copropriété, entre le registre national des copropriétés et l'attention croissante portée aux comptes de charges. Pour les vendeurs comme pour les acheteurs, la lecture attentive du contrat de syndic et des comptes rendus d'assemblée générale reste le meilleur moyen d'éviter les mauvaises surprises, avant comme après la signature.
Questions fréquentes
Que doit obligatoirement préciser le contrat de syndic ?
Le contrat de syndic type, encadré depuis la loi ALUR, doit détailler le forfait annuel de gestion courante et la liste limitative des prestations particulières facturées en supplément, ainsi que les conditions de révision de ces montants.
Un syndic peut-il modifier ses honoraires en cours de mandat sans consulter les copropriétaires ?
Non. Toute modification substantielle des honoraires doit être votée en assemblée générale. Une modification décidée unilatéralement expose le syndic à une contestation, voire à l'annulation des sommes perçues.
Quels documents demander avant d'acheter un lot en copropriété ?
Le contrat de syndic en cours, les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, le carnet d'entretien de l'immeuble et, si possible, un pré-état daté donnant une première estimation des charges.
L'état daté remis lors d'une vente inclut-il des frais facturés par le syndic ?
Oui. L'état daté est établi par le syndic et facturé au vendeur, dans la limite d'un plafond fixé par décret. Il récapitule les sommes dues et à recevoir au titre des charges de copropriété.
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Que faire si une commission non déclarée est découverte après la vente ?
Il est recommandé de rassembler les échanges écrits avec le syndic et de solliciter un avis juridique : un recours en contestation des honoraires perçus reste possible dans les délais de prescription applicables.



