Crédit immobilier : pourquoi les taux pourraient remonter à la rentrée 2026
Des barèmes stables en apparence en juillet 2026
Sauf changement de dernière minute, les grilles de taux affichées par les banques ne devraient pas bouger dans les prochaines semaines. Les courtiers annoncent pour juillet 2026 des taux moyens de l'ordre de 3,30 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans. Cette accalmie s'explique en partie par la saisonnalité de l'activité bancaire : une partie des équipes commence à partir en congés, ce qui ralentit mécaniquement le traitement des nouveaux dossiers.
Cette stabilité affichée cache toutefois une réalité moins favorable pour les emprunteurs. Les offres promotionnelles, dites « boosters », lancées par plusieurs établissements entre mars et mai 2026 pour financer une partie du montant emprunté à taux réduit, se sont arrêtées fin juin. Leur disparition se traduit par une hausse de 10 à 20 points de base sur le coût réel des offres de prêt proposées aux candidats à l'achat dès juillet.
Pourquoi les banques ont baissé leurs taux malgré la BCE
Le 11 juin 2026, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base, portant le taux de dépôt à 2,25 %, en réponse à la remontée de l'inflation énergétique dans la zone euro. Ce durcissement monétaire aurait pu se répercuter immédiatement sur le crédit immobilier. Pourtant, les banques françaises ont légèrement abaissé leurs barèmes en juin par rapport au mois précédent, avec des taux moyens ressortant à 3,17 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,42 % sur 25 ans, selon des données de courtiers. Les meilleurs profils ont pu obtenir des conditions encore plus avantageuses, jusqu'à 3,00 % sur 15 ans.
Ce mouvement traduit surtout une stratégie commerciale de conquête de clientèle, dans un marché où la production de crédit est restée limitée au printemps, plus qu'un alignement sur la politique monétaire européenne.
Le taux d'usure, un allié discret des emprunteurs
Autre élément technique à surveiller : le taux d'usure, seuil légal maximal au-delà duquel un prêt ne peut pas être accordé, a mécaniquement augmenté au 1er juillet 2026. Il passe de 5,19 % à 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus, du fait de la hausse des taux moyens constatée en mai. Cette évolution desserre, pour l'instant, les contraintes d'accès au crédit pour certains dossiers en cours de négociation, notamment ceux des profils jugés plus fragiles par les banques.
Le vrai point de vigilance se situe à la rentrée
Plusieurs signaux invitent à la prudence pour les mois à venir. Le rendement de l'OAT français à 10 ans, référence pour la fixation des taux de crédit, reste élevé et ne montre pas de signe de détente durable, dans un contexte d'incertitude politique liée à la campagne présidentielle. La Banque centrale européenne, de son côté, pourrait procéder à un nouveau relèvement de ses taux directeurs à la mi-septembre si l'inflation énergétique ou sous-jacente ne se calme pas d'ici là ; sa prochaine réunion, le 23 juillet 2026, sera scrutée de près.
Certains courtiers évoquent désormais un scénario de taux à 25 ans s'approchant de 4 % à la mi-septembre 2026, contre environ 3,40 à 3,50 % actuellement. Une remontée rapide des taux d'emprunt pourrait aussi réactiver les blocages liés au taux d'usure pour certains dossiers, un phénomène resté limité depuis le début de l'année.
Ce que cela change pour un projet d'achat
Face à cette perspective, les ménages ne renoncent pas à leurs projets, mais ils adaptent leurs stratégies. Selon le Baromètre CAFPI 2026, 95 % des Français ne croient plus à une baisse des taux de crédit d'ici la fin de l'année, alors que seuls 7 % des répondants déclarent reporter leur achat pour autant. Huit personnes interrogées sur dix se disent prêtes à emprunter sur 25 ans ou plus pour préserver leur capacité d'achat, et près de 40 % envisagent d'acquérir un bien à rénover plutôt qu'un bien déjà aux normes.
Pour un acheteur en Bretagne, dans le Morbihan, en Ille-et-Vilaine ou en petite couronne parisienne, plusieurs réflexes deviennent utiles avant la rentrée :
- Faire chiffrer son projet et obtenir un accord de principe avant la période estivale, pendant que les barèmes restent stables.
- Comparer le taux annuel effectif global (TAEG) des offres, et pas seulement le taux nominal affiché, pour mesurer l'impact réel de la fin des offres « boosters ».
- Anticiper les délais de traitement des dossiers, plus longs en période de congés bancaires.
- Vérifier la solidité du dossier (apport, taux d'endettement, reste à vivre) pour limiter le risque d'un refus lié au taux d'usure en cas de remontée des taux à la rentrée.
Pour les vendeurs, cette période charnière justifie aussi une vigilance particulière sur le prix affiché : un bien évalué au plus juste, sur la base de transactions réellement enregistrées dans le secteur, reste plus accessible aux acheteurs dont la capacité d'emprunt pourrait se réduire à partir de septembre.
Questions fréquentes
Les taux de crédit immobilier vont-ils augmenter en septembre 2026 ?
Plusieurs courtiers évoquent ce risque compte tenu du niveau élevé de l'OAT français et d'un possible nouveau relèvement des taux directeurs de la BCE à la mi-septembre. Certains scénarios évoquent des taux à 25 ans proches de 4 %, contre environ 3,40 à 3,50 % en juillet 2026, mais rien n'est acté à ce stade.
Pourquoi le coût réel d'un prêt augmente-t-il en juillet 2026 alors que les taux affichés restent stables ?
Les offres promotionnelles dites « boosters », qui réduisaient le coût du crédit entre mars et mai 2026, ont pris fin fin juin. Leur disparition entraîne une hausse de 10 à 20 points de base sur les offres de prêt proposées aux emprunteurs, sans que le barème officiel des banques ne change.
Qu'est-ce que le taux d'usure et pourquoi a-t-il augmenté au 1er juillet 2026 ?
Le taux d'usure est le taux maximal légal auquel une banque peut prêter. Calculé à partir des taux moyens pratiqués le trimestre précédent, il est passé de 5,19 % à 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus au 1er juillet 2026, ce qui facilite temporairement l'accès au crédit pour certains dossiers.
Vaut-il mieux emprunter maintenant ou attendre la rentrée ?
Personne ne peut garantir l'évolution des taux, mais sécuriser un accord de financement avant la période estivale permet de figer des conditions encore stables, alors que plusieurs signaux (OAT élevé, BCE, fin des offres « boosters ») pointent vers une possible hausse à partir de septembre 2026.
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